Clinique via Domitia Lunel - Groupe CRP - Radiologie Lunel

Clinique Via Domitia, 2016 : l’année de l’IRM à Lunel ?

Le Pôle Professeur Louis-Serre demande, sans succès depuis 2009, cet équipement. Sept ans. Sept ans que l’on s’impatiente au Pôle santé Professeur Louis-Serre de Lunel. Sept ans depuis le dépôt du premier dossier de demande d’installation d’IRM sur le site public-privé du chemin des Alicantes.
« Nous avons déposé notre dossier fin janvier et maintenant, l’ARS (Agence régionale de santé) a quelques mois pour instruire le dossier,
explique Serge Constantin, président du groupe Clinipôle.
Cette année, il y aura deux IRM attribuées, avec sans doute cinq dossiers face au nôtre, essentiellement sur Montpellier. Nous espérons vraiment que les besoins du territoire lunellois seront pris en compte. » Après quatre demandes infructueuses (lire ci-contre), le cinquième dossier sera-t-il le bon pour Lunel ?

Il serait temps de montrer que Lunel n’est pas oublié
Docateur Serge CONSTANTIN.
Du côté du Pôle Santé, si l’on ne fait pas d’excès de confiance au vu des expériences passées, on a néanmoins tous les arguments pour tenter de charmer l’ARS, car comme le rappelle, en préambule, ce nouveau dossier d’installation :
« Le Centre d’imagerie de Lunel dessert un bassin de population de 196 000 habitants, il est implanté sur le Pôle Santé public-privé, illustration parfaite d’une coopération réussie entre médecine libérale, établissement de santé public et privé. L’implantation d’une IRM à Lunel viendrait conforter l’offre de soins et améliorer la réponse aux besoins de la population. » Aujourd’hui, pour le bassin de vie lunellois, passer une IRM veut dire aller à Montpellier ou à Nîmes. Certes, les deux villes ne sont pas si loin que ça. Mais pour qui a déjà eu à attendre un rendez-vous, à devoir gérer le stress d’un déplacement et l’angoisse du résultat, la proximité est un atout majeur.
« Un autre élément est la précarité, souligne Serge Constantin.
L’IRM et les radiologues sont en secteur I, donc sans dépassements, mais il ne faut pas oublier les difficultés que connaît une partie de la population pour se déplacer. Si on leur dit d’aller sur Montpellier ou Nîmes pour passer un examen, beaucoup n’iront pas. On demande à l’État et aux élus locaux de voir si ça, c’est important ou pas à leurs yeux. Sur Montpellier, on est à un taux d’IRM d’un appareil sur 63 450 habitants pour l’instant. Sur Lunel, on est à zéro pour 196 000 habitants. Il serait temps de montrer que Lunel n’est pas un endroit oublié. »

«Le nombre de passages potentiels est de 11000, contre 9000 sur Montpellier»
Docteur Jean-Paul ROUVIERE
Autre atout supplémentaire dans la manche des professionnels lunellois, la quasi-totalité des cabinets de radiologie sur la zone du Lunellois ont fermé, en raison du manque de radiologues, que ce soit à Aimargues, Vergèze ou au Grau-du-Roi. Et le cabinet de La Grande-Motte, en sursis, est en vente depuis trois ans, sans repreneur. Au Pôle santé, tout est déjà prêt pour pallier ce manque avec huit médecins radiologues libéraux qui exercent déjà leur activité au sein de Centre d’imagerie de Lunel. Un Centre qui, rien que de par son scanner est parmi les plus importants de la région avec près de 20 450 passages par an, ce qui aboutit à sa saturation.
Réduire les délais d’attente
Là, encore, l’obtention d’une IRM cadrerait parfaitement avec cette réalité.
« On nous demande de réduire l’exposition des patients aux rayons, et nous sommes tout à fait favorables à cela, affirme Jean-Paul Rouvière, gérant de la structure immobilière de la clinique.
Sauf qu’avec la saturation actuelle des équipements IRM du territoire, c’est dur à mettre en œuvre en raison des délais de réalisation des examens et des déplacements à prévoir pour les patients. » Avec une IRM, le Pôle Santé a estimé que la substitution scanner-IRM pourrait être de l’ordre de 5 700 examens.
« On estime à 11 000 par an le nombre de passages potentiels d’IRM sur Lunel, alors que la moyenne sur Montpellier est de 9 000 par an, poursuit le Docteur Rouvière.
Simplement pour le cancer du sein, après une mammographie, s’il y a un doute, on doit faire une IRM. Mais cela veut dire qu’on envoie la personne à Montpellier ou Nîmes avec du stress et des délais d’attente. Nos radiologues se sont engagés à donner un rendez-vous dans la semaine en cas de suspicion si nous sommes dotés de cet équipement. » Si Lunel ne réussit pas en 2016, la prochaine fenêtre d’attribution risque d’être deux ans.
« Deux ans, c’est long quand on est malade » soupirent Serge Constantin et Jean-Paul Rouvière.

L’extension est en très bonne voie

irm-lunelMême dans l’optique où, malheureusement, la demande d’IRM n’aboutirait pas cette année encore, le Pôle santé n’en demeure pas moins actif avec le projet d’une nouvelle extension. Celle-ci servirait à la création d’un centre de soins de suite et de réadaptation (SSR) polyvalent et spécialisé pour les personnes âgées. La demande a été déposée en commun entre l’hôpital et la clinique et ce, dans le but de mutualiser le matériel et le personnel. Ce nouveau projet vient en complément des travaux déjà réalisés, avec un investissement de 4,4 M€ pour la réalisation de cabinets de consultations, de chirurgie, pour un service d’imagerie médicale et un laboratoire d’analyses. Là encore des emplois sont à la clé avec ces extensions, une quarantaine dans les différentes spécialités.

L’historique (Sept ans et quatre dossiers plus tard…)

Fin 2009 :
dépôt de la première demande d’installation d’IRM. Demande refusée par l’ARS en raison de l’absence d’un service d’urgence autorisé sur le site. Mais pour le Pôle Santé, « un Caps (Centre d’accueil et de permanence des soins) fonctionnait sur le site depuis 2003 et accueillait plus de 15 000 patients. »Ce Caps a été transformé en service d’urgence autorisé depuis fin 2012.

Courant 2012, fin 2013 et début 2015 : même motif de refus sur ces trois demandes : « le bilan quantifié de l’offre de soins établi sur la base du Sros, n’identifiait aucune nouvelle implantation sur le site de Lunel ». Ces décisions ont entraîné de la part du Pôle un recours devant le tribunal administratif. Qui a statué en janvier 2015 et retenu ‘l’erreur de droit qui entachait le Sros en tant qu’il désignait des villes comme site d’implantation’.

Mai 2015 :suite à l’injonction du tribunal, l’ARS annonce une procédure de révision du volet imagerie du Sros ; la résultante étant que le nouveau volet imagerie du Sros publié en novembre 2015 fait état de nouveaux besoins en lien avec les évolutions de la population et donc la possibilité d’installer deux nouveaux IRM sur deux nouveaux sites dans l’Hérault. Dont Lunel ?